Sabado, 29 de Noviembre
Qui n’a jamais rêvé de voyager à bord d’un luxueux train comme l’Orient-Express à l’exemple d’Agatha Christie ?
Et bien moi, je me suis offert ce petit extra avant de rentrer en France. Certes, celui-ci a un coût non négligeable (143$) mais le prix de cette petite folie a été largement compensé par le service de roi reçu pendant ces 10 heures de trajet et l’aventure exceptionnelle que représente ce voyage au coeur des montagnes entre Puno et Cusco. Et puis soyons francs, même si c’est cher pour ici, il n’y a vraiment qu’au Pérou que c’est encore dans mes moyens de m’offrir une expérience pareille !
La première sur le quai ce matin, je suis d’abord un peu impressionnée par l’apparence des wagons que je ne m’étais pas attendue à trouver si luxueux, boiseries, cadres aux murs, fauteuils, tables recouvertes d’une nappe blanche… tout y est. J’ai l’impression de faire un bond dans le temps et de monter à bord de l’Orient-Express et cela m’amuse beaucoup.
Le train est composé de 6 voitures : la locomotive, le wagon-bagages, le wagon-cuisine, le wagon de passagers-rois, le wagon-bar/salon de thé et le wagon-véranda qui comporte une partie avec de grandes baies vitrées et qui est ouvert sur l’arrière pour que, depuis le petit balcon, on puisse admirer le paysage traversé.
Aujourd’hui il n’y a qu’un seul wagon de passagers et nous sommes seulement 17 à bord, multipliant les attentions des cinq personnes qui prennent soin de nous. Je crois que ce qui est encore plus appréciable est que ces personnes sont vraiment agréables, pas collet-monté et impassibles comme le seraient des “serveurs de luxe” en France, avec eux il est possible de discuter, plaisanter sans jamais que cela paraisse inconvenant… D’ailleurs, malgré l’opulence environnante, tout le monde, passagers comme employés restent normal et sans arrogance.
Au programme de la journée nous avons petit-déjeuner, apéritif Pisco Sour accompagné par un groupe folklorique de Puno, puis repas 5 étoiles. Dans l’après-midi, le barman nous propose d’apprendre à faire le fameux cocktail du Pisco Sour, puis un autre groupe cette fois de Cusco vient jouer avant de nous voir offrir le thé accompagné de ses petits encas…
En bref, je passe la journée à papoter avec tout le monde, trottiner dans le couloir, ne me lassant pas d’aller du wagon-véranda pour mitrailler les décors environnants à ma table de restaurant 5 étoiles, à assister aux petits évènements qui ponctuent le voyage et surtout à profiter de cette journée de repos et de tranquilité dans ce cadre idyllique.

Moi qui suit un véritable gourmet et qui n’ai pourtant jamais eu l’occasion de mettre les pieds dans un restaurant de haute-gastronomie, je suis enchantée par tant d’attention au moment des repas. Tout est servi de façon impeccable, on a le droit aux couverts en argent et tout est présenté à la manière des grands restaurants. Je savoure tout jusqu’à la dernière miette, c’est pas si souvent au Pérou qu’on peut manger autre chose que l’habituel mélange riz-patate-poulet servi à toutes les sauces… et puis c’est pas pour rien que je me suis inscrite au groupe “Je vote à gauche mais je mange à droite” sur Facebook et je l’assume pleinement !
Le train roule à 50 km/h maximum durant ces 10 heures. Quittant les rives du lac Titicaca, nous traversons les plaines ondoyantes des Andes, les vallées sinueuses puis montons dans les montagnes atteignant le col de la Raya à plus de 4300 mètres d’altitude (ce trajet est reconnu comme une des voies de chemin de fer les plus élevées du monde) puis redescendons dans les vallées plus verdoyantes qui nous mènent à Cusco. Nous traversons quelques villages et deux villes, le chemin de fer passant au milieu du marché et frôlant les parasols des stands.
Bien qu’il paraisse presque évident que ce train ne sera jamais destiné qu’aux touristes vu son prix, il n’y a aucun signe de jalousie ou de dédain de la part des habitants qui chaque fois, nous envoient de grands coucous et espérent un signe en retour et des enfants qui tentent de rattraper le train courant comme des dératés et manquant de trébucher sur la voie.
Le paysage est réellement envoûtant et je ne regrette pas de ne pas avoir choisi le bus et d’avoir enfin abandonné pour quelques heures les routes péruviennes, leur préférant les voies sinueuses se glissant entre les montagnes et au milieu des champs.

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